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Après le Lycée Naval de Brest

juillet 12, 2015

Voici que j’apprends promptement que je ne serai pas au lycée Naval l’année prochaine… Eh oui ! Malgré mes bonnes notes, et malgré l’avis favorable du conseil de classe, je n’ai pas été admis à passer en deuxième année. Moi qui m’inquiétait au premier semestre de ne pas progresser (j’était alors 10ème sur 29) je suis arrivé jusqu’à être 8ème sur 29 au deuxième semestre. Voici donc que scolairement j’ai progressé ; je côté scalaire n’est donc assurément pas à critiquer. On peut alors se poser la question du comportement ; mais de ce côté là j’ai été parmi les plus sages de la prépa : je respectais toujours le règlement, avait continuellement une coupe de cheveux réglementaire, ne faisais pas partie de l’association de la flotte Gueperate (dont les gradés nous déconseillaient l’adhésion en première année), non non, je n’étais pas une personne au comportement tumultueux, ni rien du genre. J’étais presque l’inverse, souvent dans mon coin, à travailler et à chercher du calme, à manger à part sans me soucier de manger avec les autres… Oui, les autres n’aimaient pas manger avec moi ; dès que je m’assaillais, tout le monde faisait la tête, et je comprenais vite que je mettais mal à l’aise presque tous ceux qui m’entouraient. Pourquoi toute cette méfiance vis à vis e ma personne me direz vous ?? Tout simplement parce qu’au début de l’année j’avais eu l’idée d’écrire un livre sur l’expérience de la vie en prépa ; pour cela j’avais donc commencé un brouillon dans lequel j’avais pris l’habitude de marquer les événements marquants de la semaine. Parfois je demandais des précisions à mes camarades de chambres… Mais une certaine fois, après une soirée bien arrosée, j’avais voulu marqué le nom du premier au classement de la classe supérieur (la classe de MP), et pour cela, j’ai demandé à mon copiole l’orthographe de ce fameux nom : il l’a très TRES TRÈS mal pris ! Il s’est inquiéter du fait que je puisse publier un livre où figurerait les noms et les prénoms de réelles personnes de la prépa ; je n’en avait aucunement l’intention, mais Russe comme il était, il n’a aucunement compris la subtilité de l’affaire, et s’est mis à répondre des rumeurs de partout. Voici comment à commencé mon exclusion de la classe (avec le fait que je refusais de parler de ma vie passer ; ne voulant pas raconter ma passé tumultueux avec mes séjours à l’hôpital, mes problèmes de résistance à la frustration…). Je me suis donc retrouvé détesté par un grand nombre de personne. Il est alors devenu coutume de taire toute discussion lorsque je passais à proximité… de sorte que je ne puisse retirer aucune information de ce que j’entendais, et de sorte que je ne publie rien de compromettant. Ah… la paranoïa militaire… L’information est (ailleurs remonté jusqu’aux gradés, qui m’on alors convoqués pour avoir plus d’information, mais je ne pouvais rien dire de plus que j’écrivais un texte privé (étant au stade de brouillon) et que je ne le montrerais à personne. Comme personne ne voulais comprendre la situation, j’ai alors transformé le mot « brouillon »  en « journal intime ». En effet, je ne faisais qu’y écrire des choses privées sur ce que j’observais et que je vivais. Mais malgré cette redéfinition du problème, tout le monde restait pétrifié, et je restais exclus. Seules quelques personnes (les moins fermées d’esprit) m’acceptait dans leur entourage ; mais ne voulais pas rabaisser à leur tour leur popularité, je me suis abstenu de passer du temps avec eux. Je me suis donc résolu à rester tout simplement seul, et à me concentrer sur mes études : la prépa. Et ça n’a pas si mal fonctionné, j’ai gagné deux places au classement… Il y a cependant un deuxième événement : l’histoire du dictaphone. En début d’année, j’ai eu l’idée d’enregistrer certains de mes cours de français – lorsque je les trouvais particulièrement intéressant – afin de pouvoir les écouter de nouveau quand bon me semblerais… en m’endormant par exemple… J’avais donc utilisé mon dictaphone acheté deux ans auparavant pour enregistrer depuis ma trousse. Je n’avais pas demandé l’autorisation au professeur ne voulant faire avec ces enregistrement rien de plus que de simple écoutes privées. J’ai par contre une nouvelle fois la (mauvaise) idée de me confier à mes camarades de chambres ; moi qui pensais qu’il allait s’installer une complicité dans l’internat, encore plus que l’on était dans la même chambre, et encore plus qu’il régnait la rumeur du complicité (cohésion) militaire. J’ai donc dis à mes camarades que j’enregistrais certains cours ; pour le coup, il n’ont d’abord pas été choqué. Il ont bien évidement répondu l’information, et le voisin de la chambre d’à côté est même venu me demander l’enregistrement d’un cours pour pouvoir l’écouter lui aussi le soir en s’endormant ; légalement, c’est à ce moment là que j’aurais dû demandé l’autorisation au professeur.. mais je considérais cela comme une exception compréhensible (lui aussi assistait exactement aux même cours que moi… comme le reste de la classe…). Puis, troisième événement : ma question génence à un général, chef de jury de concours. Un jour, un monsieur très gradé (bien qu’habillé en civil) est venu inspecter notre cours de français… rien de plus normal, mais je n’avais pas bien compris l’intérêt de cette évaluation, et je voulais avoir son avis sur notre classe, en fine cours j’ai alors posé textuellement la question suivante : « Pourriez-vous nous en dire plus sur vôtre venue ici ? » Une question bien anodine… Comment j’en connais chacun des mots, car j’avais enregistrer la partie question avec l’inspecteur à la fin du cours (la trouvant interessante…). Tout le monde, en entendant ma question, s’est alors mis à rigoler, je n’ai pas compris… je n’avais rien fais de plus que de m’exprimer correctement dans un langage adapté ; j’avais conscience du fait qu’il fallait s’adresser avec droiture à une personne de cette trempe ; d’où le sérieux de ma question. J’ai bien sur encore fait une fois l’erreur de me confier à me camarades en leur faisant écouter le rire de la classe face à ma question… Finalement, toutes les infos que j’avais données à mes camarades étaient revenue jusqu’au oreilles des gradés ; l’information est même revenue jusqu’au oreilles du commandant du Centre d’Instruction Naval. C’est donc pourquoi, quelques jours après le passage de l’inspecteur, j’ai été convoqué par l’infirmerie pour une évaluation psychologique. Les questions ont été des plus banales : Te drogues tu ? As tu déjà fais des tentatives de suicides ? Et j’en passe… Je me souviens d’une question qui m’a particulièrement marqué : une question me demandant le métier de mes parents. Déjà que l’information figurais déjà dans mon dossier (car je l’avais déjà fournie), je n’appréciais pas qu’on fouille une nouvelle fois dans la vie de ma famille, j’ai donc simplement répondu que la question était d’ordre privé et ne regardait que mes parents ; le médecin présent m’a immédiatement menacé, en entendant ma réponse, de me mettre une inaptitude militaire m’empêchant toute carrière dans l’armée. J’ai alors compris que l’entretien n’avais rien de réel, et qu’il s’agissait simplement de me « mettre la pression » pour me faire comprendre, d’une manière que je pensais du siècle passé, qu’il ne fallait pas déranger les gens plus gradés que sois même. En l’occurrence, je n’étais qu’un simple civil (étudiant des lycées de la défense), mais pourtant, on me traitant comme un homme du rang à qui on cherche à faire peur pour lui faire comprendre qu’il ne faut pas répondre quand un gradé nous parle. L’entretien tournant alors en une scène de théâtre, je le prenais de moins en moins au sérieux ; je pensais de plus en plus que l’armée était une secte, et qu’il n’était pas si intéressant que cela d’y entrer… L’interview s’est finalement fini, et je suis sortie avec une dernière remue du médecin : « Au revoir, je suis sûr qu’on se reverra…! ». Non je n’ai pas enregistrer cette entretient, et pourtant j’aurais aimé.. tellement il était stupide… C’est finalement en fin d’année que tout m’en retombé sur la tête :  le lendemain du conseil de classe (où les professeurs (tous) émettaient un avis favorable pour mon passage dans la classe supérieure), j’ai été convoqué chez le commandant du CIN (centre d’instruction naval). Étaient présents, le commandant (assis à son bureau, face à moi, les yeux d’un bleu hypnotisant), le proviseur (débout à ma droite, à côté du bureau du commandant), et le major de la compagnie (debout à ma gauche). Je me retrouvais donc face aux trois personnes représentant les plus hautes autorité disponibles… quel honneur… ! L’information de mon renvoie ne fut que progressive : il n’y eu aucune discussion, aucune délibération entre les trois entité, non, le commandant laissa couler au cours d’une phrase, le fait que je ne serais pas là en septembre. Relevant avec étonnement cette toute nouvelle information, je lui demanda de répéter, et jouant bien son jeu de personne assurée dans son choix passé, le commandant se mis à me répéter que je ne serais pas là en septembre. Dans mon esprit, toute envie de rester dans ce lycée militaire avait disparu : je m’étais enfin résolu à comprendre que le monde militaire était un monde bien trop fermé d’esprit, bien trop droit, bien trop… rempli de pression inutile, de nécessité de piston pour monter en grades… en j’en passe… J’en ai discuter avec d’anciens militaires, et étonnement (ou non) beaucoup étaient de mon avis… jusqu’à des vrai anciens de 75 ans. C’est donc dans l’inquiétude de savoir où je serais pris l’année suivante que j’ai fait mes affaires ; petit bonus : personne ne semble me réclamer un quelconque argent pour ma scolarité… étrange, et même si c’est le cas, le sais pertinemment qu’étant donné la situation de renvoie, il me suffirait de faire appel pour gagner gains de cause. Puis, après quelques semaines, et quelques dossier déposés dans diverses prépa, j’ai eu le bonheur d’apprendre mon admission dans un prépa mieux classé de 50 places sur le classement des prépa de france : le passe de la 60ème place (le lycée Naval), à la 10ème place… Merci à mes professeurs pour leur lettre de recommandation ;). Me voilà donc libéré du monde militaire !! Enfin ! Je me dis que beaucoup de militaire doivent avoir le même rêve, mais que certains n’osent pas se l’avouer… Certains de la prépa m’ont d’ailleurs dit chanceux en apprenant mon renvoie, et non pas pour l’ambiance de classe, ou pour la difficulté de la prépa, mais tout simplement pour le monde militaire.

J’ose espérer que toute cette étrange pression militaire est du à l’absence de nécessité d’une grande armée, et j’ose espérer qu’en cas de besoin national, l’armée ouvrirai un peu plus grand ces portes, mais j’en doute. Et de toute manière, j’en reste dégouté, et ce n’est pas demain la veille que je ferai un pas vers un engagement…

Bonne soirée, nuit, aprem, matinée,… et bonne vie (d’opprimés ou non… à tous)… ;).

A+

 

PS : j’ai toujours l’entier espoir de faire pilote de ligne.

PPS : pour la petite anecdote, dès mon entrée dans le bureau du commandant, la première chose qu’il m’a demandée a été de sortir mon portable pour l’éteindre, craignant un enregistrement… (preuve de la paranoïa militaire), alors que j’aurais très bien pu prendre mon dictaphone dans ma poche… (preuve de la stupidité militaire).

PPPS : Vigipirate ne sert à rien… (mais ça n’empêche par le terrorisme d’être nul).